Les grades de la Gendarmerie nationale : le guide complet

Force armée à part entière, la Gendarmerie nationale est placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur pour l’exercice de ses missions. Mais elle relève également du ministère des Armées pour son statut militaire.

Cette double appartenance explique en grande partie la spécificité de son système hiérarchique, directement hérité des traditions militaires françaises. Ainsi, les grades de la Gendarmerie nationale constituent l’un des piliers fondamentaux de l’organisation de cette institution. Voici comment ils fonctionnent…

gendarmerie nationale

Fonctionnement des grades dans la gendarmerie

Les grades de la Gendarmerie nationale ne sont pas de simples distinctions honorifiques. Chacun correspond en effet à un niveau d’autorité précis, à des compétences attendues et à un rôle bien défini dans l’exécution des missions.

Comprendre les grades de la Gendarmerie nationale c’est comprendre le fonctionnement interne de l’institution. Cela donne également des indications sur les parcours professionnels possibles et la logique d’avancement encadrant la carrière des gendarmes.

Pourquoi existe-t-il des grades dans la Gendarmerie ?

Comme dans toute organisation militaire, les grades de la Gendarmerie nationale ont pour objectif principal d’assurer une hiérarchie claire et efficace. Cette hiérarchie sert à :
  • Identifier immédiatement le niveau de responsabilité du militaire ;
  • Garantir l’obéissance aux ordres dans un cadre réglementé ;
  • Organiser la prise de décision, notamment en situation de crise ;
  • Assurer la cohérence du commandement sur l’ensemble du territoire national.

Dans la Gendarmerie, les grades jouent un rôle essentiel dans la gestion des unités territoriales mobiles ou spécialisées. Ils permettent de distinguer les personnels chargés de l’exécution directe des missions, de ceux responsables de l’encadrement, de la coordination ou de la stratégie.

Concrètement, les grades de la Gendarmerie déterminent :

  • Le niveau d’autorité hiérarchique : un gendarme obéit à un supérieur clairement identifié ;
  • Les responsabilités opérationnelles : commandement d’une patrouille, d’un peloton, d’une brigade ou d’un groupement ;
  • Les fonctions administratives et judiciaires : certaines responsabilités ne peuvent être exercées qu’à partir d’un certain grade ;
  • La progression de carrière : chaque avancement correspond à un élargissement des compétences et des responsabilités.
Ils conditionnent également l’accès à certaines formations, spécialisations et postes spécifiques.

Comment passe-t-on d’un grade de la Gendarmerie à un autre ?

L’avancement dans les grades de la Gendarmerie nationale repose sur plusieurs principes strictement encadrés par la réglementation.

En premier, on retrouve l’ancienneté. Il faut en effet passer un temps minimal dans un grade avant de pouvoir prétendre au suivant. Viennent ensuite le mérite et l’évaluation professionnelle. Autrement dit, les notations, les appréciations hiérarchiques et les résultats obtenus en service.

Pour certains grades – notamment dans le corps des officiers – la réussite à des examens et concours internes est obligatoire. Enfin, les promotions se font selon les besoins de l’institution : elles tiennent compte des effectifs et des postes disponibles.

Ce système garantit une progression encadrée, fondée à la fois sur l’expérience, les compétences et la sélection.

La féminisation des grades dans la Gendarmerie

L’armée française, historiquement masculine, s’est modernisée. Aujourd’hui – et selon les chiffres du ministère de la Défense – l’armée française est l’une des plus féminisées d’Europe avec 15% de femmes. En 2022, la France a d’ailleurs eu la première femme Général 5 étoiles, Monique Legrand-Larroche, nommée Inspectrice générale des Armées. Ainsi, la féminisation des grades dans l’Armée (et de ce fait dans la Gendarmerie) s’est imposée.

Mais pour respecter au mieux la langue française et se conformer à la pratique au sein du ministère de la Défense, la féminisation ne s’applique pas au grade lui-même. Celle-ci se fait dans la nuance et se remarque surtout dans les déterminants utilisés. On peut ainsi dire « la lieutenant » ou « la capitaine ». Par ailleurs, dans les appellations comme « mon colonel » ou « mon général », le « mon » disparaît. On se contente désormais de dire « colonel » ou « général » s’il s’agit d’une femme.

Quels sont les grades de la Gendarmerie nationale ?

Les grades de la Gendarmerie nationale sont définis par le Code de la défense et par plusieurs décrets statuaires. Ils se répartissent en trois grands corps :
  1. Gendarmes adjoints volontaires (GAV) ;
  2. Sous-officiers de Gendarmerie ;
  3. Officiers de Gendarmerie.
Note : En fonction de leur unité d’appartenance, les gendarmes arborent des galons de couleur différente. Blanc pour la gendarmerie départementale et jaune pour les gendarmes mobiles.

Les grades des Gendarmes adjoints volontaires (ou militaires du rang)

Le Gendarme adjoint volontaire (GAV) est un militaire engagé sous contrat, sous l’autorité de sous-officiers et officiers. Il participe aux missions quotidiennes de la gendarmerie, à savoir sécurité, accueil du public, surveillance et appui opérationnel. Ce statut permet de découvrir le métier de gendarme avant de se présenter aux concours de sous-officier.

Les grades associés aux GAV sont :

  • GAV de 2ème classe. Il s’agit du grade d’entrée dans la gendarmerie pour les volontaires.
  • GAV de 1ère classe. Ce grade marque une première reconnaissance de l’expérience acquise. Le GAV de 1ère classe dispose d’une meilleure autonomie, même s’il est toujours placé sous encadrement direct.
  • Brigadier et brigadier-chef. Généralement, les grades de brigadier puis de brigadier-chef marquent une reconnaissance de l’expérience acquise et des compétences opérationnelles. Ils traduisent une montée en responsabilité progressive tout en restant dans la catégorie des militaires du rang. En moyenne, le GAV peut devenir brigadier à l’issue de son premier contrat, et brigadier-chef à la fin de son engagement.
  • Maréchal des logis. Le maréchal des logis constitue un grade charnière et est souvent considéré comme la transition vers des fonctions d’encadrement élémentaire. Il correspond à un niveau d’expérience confirmé et peut précéder l’accès au corps des sous-officiers.
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Les grades des sous-officiers de la Gendarmerie nationale

Les grades et évolution de grades des sous-officiers de la Gendarmerie sont définis par décret. Ces derniers représentent le cœur opérationnel de la gendarmerie. Ils assurent l’essentiel des missions de terrain et encadrent directement les militaires du rang. On distingue deux catégories de sous-officiers : les sous-officiers subalternes et les sous-officiers supérieurs.

Parmi les sous-officiers subalternes, on retrouve les grades de :

  • Gendarme. Le grade de gendarme est le premier grade de sous-officier. Il exerce des missions de police judiciaire, de police administrative, de sécurité routière et de maintien de l’ordre. Il agit le plus souvent en patrouille ou en brigade territoriale. Il ne dispose pas de commandement hiérarchique permanent, mais peut encadrer ponctuellement des militaires du rang.
  • Maréchal des logis-chef. Il s’agit ici d’un sous-officier expérimenté. Le maréchal des logis-chef peut être chef d’équipe, adjoint au commandant de brigade ou référent dans un domaine particulier. Ce grade correspond à une reconnaissance des compétences professionnelles et de la capacité à encadrer. Il s’obtient après 3 ans et 6 mois d’ancienneté.
Du côté des sous-officiers supérieurs, on trouve les grades de :
  • Adjudant. L’adjudant assume des responsabilités importantes dans l’encadrement des personnels et de la gestion quotidienne des unités. Il peut lui aussi être adjoint au commandant de brigade ou responsable d’un service spécifique. Il contribue à la planification des missions, au suivi des effectifs et au maintien de la discipline.
  • Adjudant-chef. Ce grade marque un haut niveau d’expérience et de maîtrise du métier. L’adjudant-chef joue un rôle clé dans la transmission des savoirs, la discipline et le suivi des personnels. Il participe également de manière active au pilotage opérationnel des unités.
  • Major. Le major, enfin, est le grade le plus élevé des sous-officiers. Il est souvent le principal conseiller du commandement sur les questions opérationnelles et humaines. Ce grade symbolise l’aboutissement d’une carrière de sous-officier. En effet, pour être nommé major, il faut compter environ 30 ans de carrière à son actif.

Les grades des officiers de la Gendarmerie nationale

Tout comme les grades de sous-officiers, les grades et évolutions des officiers de la Gendarmerie nationale sont définis par décret. On distingue parmi eux trois catégories d’officiers :
  1.  Les officiers subalternes (aspirant, sous-lieutenant, lieutenant et capitaine) ;
  2. Les officiers supérieurs (chef d’escadron, lieutenant-colonel et colonel) ;
  3. Les officiers généraux (général de brigade, général de division, général de corps d’armée, et général d’armée).

Les grades des officiers subalternes

Les officiers subalternes constituent le premier niveau du corps des officiers. Ils accèdent à des fonctions de commandement et de coordination.
  • Aspirant. Le grade d’aspirant est un grade transitoire, généralement attribué aux officiers en formation ou en début de carrière. Il permet une intégration progressive dans les fonctions de commandement. L’aspirant peut être associé à la conduite d’unités ou à des fonctions d’état-major sous supervision.
  • Sous-lieutenant. Le sous-lieutenant de Gendarmerie est le premier grade d’officier à part entière. Il est en charge de commander une unité élémentaire et commence à exercer des responsabilités importantes. Il exerce effectivement une autorité hiérarchique directe sur les sous-officiers et militaires du rang placés sous ses ordres.
  • Lieutenant. Cet officier dispose d’une expérience accrue du commandement. Il peut notamment diriger une brigade ou un peloton. Le lieutenant peut également participer à la planification des opérations.
  • Capitaine. Officier confirmé, le capitaine de Gendarmerie commande souvent une brigade importante. Il peut aussi être amené à diriger une compagnie ou une unité spécialisée. Il est responsable de la discipline, de la gestion des personnels et de la mise en œuvre des missions.

Les grades des officiers supérieurs de la Gendarmerie française

Les officiers supérieurs exercent des responsabilités de haut niveau au sein de la Gendarmerie nationale.
  • Chef d’escadron. Il s’agit d’un officier supérieur chargé de la coordination de plusieurs unités. Le chef d’escadron intervient donc dans la planification opérationnelle, la gestion stratégique et le pilotage de missions. Cela peut être à l’échelle d’un territoire ou d’une spécialité. 
  • Lieutenant-colonel. Ce dernier dirige souvent un groupement de gendarmerie ou un service d’envergure. Le lieutenant-colonel assume des responsabilités importantes en matière de sécurité publique et de gestion des effectifs.
  • Colonel. Pour finir, le colonel occupe des fonctions de direction stratégique. Il peut par exemple commander un groupement départemental ou obtenir des postes de hautes responsabilité au niveau national. Il participe à l’élaboration des politiques de sécurité et à leur déclinaison opérationnelle.

Les grades des officiers généraux de la Gendarmerie nationale

Les officiers généraux constituent le sommet de la hiérarchie. Ils ont les plus hauts grades dans la Gendarmerie française.
  • Général de brigade. C’est le premier grade d’officier général. Le général de brigade exerce ainsi des fonctions de commandement stratégique et de coordination à grande échelle.
  • Général de division. Il est celui qui supervise des régions ou des directions majeures. Le général de division joue un rôle essentiel dans la définition des orientations opérationnelles.
  • Général de corps d’armée. Ce grade correspond à des responsabilités nationales ou interarmées. Le poste de général de corps d’armée implique une vision stratégique globale des missions de la gendarmerie.
  • Général d’armée. Il est le grade le plus élevé de la Gendarmerie nationale. Le général d’armée est un titre exceptionnel, réservé aux plus hautes fonctions de direction de l’institution.
 
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