Les grades des métiers pénitentiaires : le guide complet

Troisième force de sécurité intérieure, l’administration pénitentiaire est un maillon essentiel de la chaîne de justice. Le système carcéral français repose ainsi sur une administration organisée, hiérarchisée et soumise à des normes juridiques strictes. Comptant parmi les éléments qui caractérisent cette structuration, les grades des métiers pénitentiaires jouent un rôle crucial…
metiers pénitentiaires

Fonctionnement des grades dans l'administration pénitentiaire

L’administration pénitentiaire française est organisée en corps, grades et catégories. Titres officiels reconnus par des textes réglementaires, les grades déterminent :

  • La place de chaque agent dans la hiérarchie ;
  • Les missions associées à un poste ou une fonction ;
  • La rémunération indiciaire ;
  • Les perspectives d’avancement.​
Ils reflètent ainsi la diversité des métiers pénitentiaires, de la surveillance aux responsabilités de direction, en passant par l’encadrement opérationnel.

Pourquoi existe-t-il des grades pour les métiers pénitentiaires ?

Les grades de l’administration carcérale existent pour plusieurs raisons fondamentales.

En premier lieu, ils servent à structurer la hiérarchie et les responsabilités. Les établissements pénitentiaires comptent des dizaines d’agents, exerçant des missions diverses. Les grades permettent d’ordonner plus facilement ces missions.

Ils permettent ensuite de garantir la sécurité des personnels et des personnes détenues. La surveillance, le maintien de l’ordre ou la gestion d’incidents requièrent une coordination claire. Cette dernière ne peut exister sans grades explicites.

Par ailleurs, les grades sont utiles pour organiser les carrières et les parcours professionnels. En fixant des conditions d’accès, des critères d’ancienneté ou de concours, ils facilitent l’évolution des agents.

Enfin, chaque grade détermine la rémunération et les avantages liés aux différents métiers pénitentiaires. Les grilles indiciaires dépendent directement du grade et de l’échelon d’un agent.

Métiers pénitentiaires : comment passe-t-on d’un grade à un autre ?

La progression dans les grades se fait selon plusieurs modalités distinctes. Ces dernières sont souvent définies par la réglementation interne (décrets, arrêtés) et par des règles générales de la fonction publique.

Les agents de l’administration pénitentiaires peuvent ainsi évoluer :

  • Par concours externe : c’est généralement le cas pour les recrutements initiaux. Ces concours sont ouverts à des candidats remplissant des conditions de diplôme, d’âge et parfois d’expérience.
  • Par concours interne : ces derniers sont réservés aux agents déjà en poste. Ils permettent d’accéder à des grades supérieurs, souvent après plusieurs années d’expérience.
  • Par examen professionnel : c’est une voie qui valorise les compétences acquises en poste.
  • Par avancement à l’ancienneté ou tableau d’avancement : certains grades intermédiaires peuvent être obtenus automatiquement après un certain nombre d’années de service.
administration pénitentiaire
La durée nécessaire pour passer d’un grade à l’autre peut varier de quelques années à plusieurs décennies. Cela dépend de la grille indiciaire, des caractéristiques du corps et de la filière (encadrement, expertise, etc.).

Chiffres clés de l’administration pénitentiaire

En 2025, l’administration pénitentiaire était chargée de 95 376 personnes écrouées dont :
  • 58 758 détenus et 20 579 prévenus (individus faisant l’objet de poursuites judiciaires en attente d’un jugement) ;
  • 16 039 condamnés placés sous surveillance.

Le taux d’occupation des établissements pénitentiaires était de 129,5%.

Selon les chiffres les plus récents, plus de 45 000 agents sont en activité, dont une large majorité au sein du personnel de surveillance (environ 30 000). Ces agents sont responsables de la prise en charge des 229 717 personnes placées sous main de justice. Autrement dit, la population détenue ou en aménagement de peine.

Afin de renforcer l’administration pénitentiaire, le ministère de la Justice prévoit de créer près de 10 000 emplois d’ici 2027. Depuis le 1er janvier 2024, les métiers pénitentiaires ont également connu des avancées statuaires, indiciaires et indemnitaires. Ces réformes ayant pour but de renforcer l’attractivité du domaine, marquent la reconnaissance des missions et des agents.

Quels sont les différents grades de l'administration carcérale ?

La structure des grades des métiers pénitentiaires varie selon les corps professionnels auxquels les agents appartiennent. On distingue ainsi trois corps principaux :
  1. Le corps d’encadrement et d’application : agents en charge du contrôle et de l’exécution des tâches quotidiennes en établissement ;
  2. Le corps de commandement : plus hauts gradés du personnel de surveillance ;
  3. Le corps de direction : dirigeants et cadres supérieurs.

Les grades du corps d’encadrement et d’application

Faisant partie du personnel de surveillance, les métiers pénitentiaires du corps d’encadrement et d’application (catégorie B/C) constituent le cœur opérationnel du système carcéral. Il comprend plusieurs niveaux de grades dont :
  • Élève surveillant : fonction exercée pendant toute la durée de la formation initiale à l’ENAP (École Nationale d’Administration Pénitentiaire). L’élève acquiert les compétences fondamentales pour assurer la surveillance, la sécurité et la prise en charge des personnes placées sous main de justice.
  • Surveillant stagiaire : grade porté à la sortie de l’ENAP pendant un an. En stage, le surveillant met en pratique ses connaissances en conditions réelles. Sous responsabilité hiérarchique, il assure la garde, le maintien de l’ordre, la surveillance des détenus et certaines missions de sécurité.
  • Surveillant : grade obtenu après titularisation. Le surveillant pénitentiaire prend en charge les personnes détenues au quotidien. Il participe également à la prévention de la récidive et à la réinsertion, en collaboration avec les services de probation.
  • Surveillant-brigadier : issu de la fusion des anciens grades de surveillant principal et brigadier, le surveillant-brigadier a une plus grande expérience opérationnelle. Il peut réaliser des missions d’encadrement limité et assume des responsabilités accrues dans la surveillance et a sécurité.
  • Brigadier-chef : accessible à partir de 6 ans d’ancienneté dans le corps, par concours interne ou avancement. Le brigadier-chef peut exercer des fonctions de coordination plus importantes dans une équipe. Il participe aussi à l’organisation du service et conduit des missions spécialisées plus complexes.
  • Major : grade supérieur obtenu après une longue expérience. Il faut au moins 13 ans de service total dont 4 ans dans le grade précédent pour pouvoir y prétendre. Le major assure une mission d’encadrement renforcé des équipes de surveillance. Il peut diriger des services plus larges et contribuer à l’organisation et à la coordination des missions opérationnelles.
galons du corps d'encadrement et d'application
À noter que certains grades sont organisés selon deux filières : encadrement et expertise. Cela permet de tenir compte à la fois des responsabilités hiérarchiques et des compétences spécialisées.

Les grades du corps de commandement

Au sein du personnel de surveillance, on retrouve également des grades supérieurs (officiers, catégorie A) :
  • Capitaine pénitentiaire : officier du corps de commandement, il encadre des équipes de personnels pénitentiaire. C’est lui qui veille à la prise en charge des personnes sous main de justice. Il participe à la mise en œuvre de la politique définie par le chef d’établissement en matière de sécurité, exécution des peines et réinsertion. Le capitaine peut être chef d’un établissement de petite capacité ou adjoint dans un établissement plus important.
  • Commandant pénitentiaire : grade supérieur dans le corps de commandement, le commandant contribue à l’encadrement des services pénitentiaires. Il met en œuvre la politique de prise en charge des personnes détenues et peut être adjoint ou chef dans les établissements pénitentiaires.
  • Commandant divisionnaire : il s’agit du grade le plus élevé du corps de commandement. Le commandant divisionnaire assume des fonctions d’encadrement stratégique. Il dirige de grands services ou exerce des responsabilités étendues au sein des directions interrégionales et de l’administration centrale.
galons corps de commandement

Les grades du corps de direction

Le corps de direction regroupe cadres supérieurs de catégorie A+. À noter que ces fonctions ne sont pas des « grades » au sens strict mais d’emplois de direction. Ces derniers sont associés à des fonctions de pilotage stratégique, de gestion administrative ou de direction d’établissement.

Ce corps compte notamment les postes suivants :

  • Élève directeur : statut tenu pendant la formation initiale à l’ENAP. L’élève s’initie à la gestion stratégique, au pilotage d’établissement et aux responsabilités de haut niveau.
  • Directeur stagiaire : grade fonctionnel après la formation initiale. Le directeur stagiaire exerce des responsabilités managériales dans un établissement ou un service. Sous supervision, il applique les politiques pénitentiaires et développe ses compétences.
  • Directeur de classe normale : directeur exerçant la responsabilité complète d’un établissement pénitentiaire ou d’un service de direction interrégionale. Il organise et coordonne notamment les missions de surveillance, de sécurité, de prise en charge des détenus.
  • Directeur hors classe : niveau supérieur de direction sur des postes à responsabilités multiples. Il assure la coordination de plusieurs services pénitentiaires et peut jouer un rôle dans la mise en œuvre de politiques complexes.
  • Directeur fonctionnel : cadre supérieur chargé de fonctions d’encadrement élevé, d’expertise et de pilotage stratégique. Il agit souvent à l’échelle interrégionale ou centrale.
  • Directeur interrégional : plus haut niveau de direction territoriale. Le directeur interrégional anime et coordonne l’action pénitentiaire dans un territoire étendu. Il veille à l’harmonisation des pratiques, supervise les services déconcentrés, pilote les politiques de sécurité, d’insertion et de réinsertion. Il gère également les moyens humains, matériels et financiers.

Les métiers pénitentiaires complémentaires

Hormis les corps principaux, l’administration carcérale comprend également des personnels relevant de métiers transversaux ou complémentaires. Ils n’ont pas toujours de grades mais sont essentiels au bon fonctionnement de l’institution. Ils disposent généralement de leurs propres catégories de fonctions et niveaux dans la fonction publique.

On retrouve ainsi des personnels d’insertion et de probation. Il s’agit de conseillers chargés de l’accompagnement des personnes détenues vers la réinsertion. Viennent ensuite les personnels administratifs et techniques, métiers de support indispensables (RH, finances, logistique…). Enfin, les unités spécialisées comme les Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS) effectuent des missions d’intervention en cas de crises internes.
 
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